« Que se passe-t-il quand les yeux ne fonctionnent plus, quelle forme d’intelligence sensible se met en place ? Peut-on écouter avec les mains, voir avec les oreilles, opérer un glissement des sens ? ».
Bleu, le ciel comme limite aborde une question qui habite Julie Compans depuis ses débuts en tant que danseuse, « qu’est-ce que peut un corps ? », et interroge notre courage face au vivant. Le spectateur y découvre une nouvelle manière d’envisager la danse en observant les deux danseurs aveugles entrer en relation avec leur environnement.
Un plateau vide, un tapis blanc, un piano sur le côté. Le danseur s’assoit sur le devant de la scène pour lire en braille son dernier souvenir avant d’avoir perdu la vue, alors qu’il était enfant. La danseuse debout à côté du piano fait le tour de la scène en suivant une fine cordelette dissimulée sous un ruban adhésif noir qui dessine les contours. Ensemble, ils s’élancent, prennent l’espace, l’un après l’autre, l’un avec l’autre. Avec douceur et détermination, en écoute avec la musique, ils sondent leurs appuis, jouent avec le vide et les surfaces. Leur danse s’imprime sur la rétine de ceux qui les regardent et met en place une forme de cohésion sensible. Bleu est une plongée dans les profondeurs à la conquête de cette lumière qui peut ouvrir un regard.